ARTICLE DE PRESSE

 

DU 25 MAI 2001

Agriculteurs de l'Année 2001

bouton_p.gif (1049 octets) Gilles Gambier (Ardennes) : "de la fourche à la fourchette"

Champagne Céréales a sélectionné son "Agriculteur de l'année"

A Novion-Porcien, au cœur des crêtes préardennaises, région d’herbages et de vallages, secteur où l’on rencontre beaucoup de "grosses terres", l’EARL Gilles Gambier , à la ferme de la Herse, comporte 200 ha, réparties en 100 ha de terres labourables (45 en blé, 45 en maïs et 10 de jachères), et 100 ha d’herbages. C’est l’exploitation choisie par Champagne Céréales pour la représenter dans l’opération "Les Agriculteurs de l’Année 2001", mise en place à l’initiative de BASF Agro et de ses partenaires distributeurs.

La répartition harmonieuse entre les 200 hectares de l’EARL Gilles Gambier n’est pas due au hasard. D’ailleurs, la famille Gambier connaît bien le métier puisqu’elle le pratique depuis 1870. Installé en 1980 comme double actif, en GAEC avec ses parents, avec 70 ha au départ, Gilles Gambier se rend vite compte des difficultés inhérentes au métier et amplifiées par les contraintes géo-physiques de cette petite région.

Il n’attendra donc pas longtemps pour prendre sa décision. En 1985, soit cinq ans après son installation, il met en place un élevage de porcs, de taille modeste, pour la transformation. Boudins, terrines, saucisses prennent alors la direction du marché hebdomadaire au détail de Reims qui a lieu tous les samedis. Pour un coup d’essai, ce fut alors un coup de maître. Gilles Gambier se rend vite compte de la bonne opportunité d’un tel créneau, à sa plus grande satisfaction, ce qui l’amène à réfléchir et à se poser la question d’un possible développement de cette production.

La réponse est vite trouvée. Il passe rapidement à deux porcs charcutiers à destination des marchés de Reims, auquel vient bientôt s’adjoindre celui de Charleville-Mézières. La dynamique était lancée. Plus rien ne pouvait l’arrêter. En 1992, les parents de Gilles Gambier arrêtent le métier d’agriculteur.

La demande des consommateurs est là. Il faut la satisfaire, d’autant plus qu’elle va crescendo et dépasse la simple production de porcs. En effet, la clientèle se révèle avide d’autres produits. D’où la décision de développer également le secteur volailles et agneaux, avant de passer au bœuf (voir ci-contre la situation actuelle).

Bien entendu, on trouve à la clef un laboratoire de découpe et de transformation à la ferme, laboratoire qui sera prochainement transféré dans un local en cours de construction, plus vaste et plus fonctionnel, auquel sera adjointe une petite salle de réception pour la vente au détail à la ferme. Parallèlement, l’embauche suivait, pour arriver à 2 salariés animant le secteur production et livraison à l’abattoir, 5 salariés à temps plein pour le secteur transformation et vente (dont 2 charcutiers professionnels) et 5 salariés à temps partiel pour renforcer le secteur vente.

Tous les lundis matin, se tient une réunion avec tous les salariés, afin de faire le point sur la demande de la semaine en cours, ce qui permet de transformer les justes quantités et de n’offrir, donc, que des produits frais.

La qualité avant tout

Aujourd’hui, toutes les productions de viande de bœuf, porc, agneau et volaille sont vendues au détail directement au consommateur  85 % sur les marchés de Reims, Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières et Sedan, 10 % sur les foires gastronomiques et 5 % à la ferme.

La quasi totalité des produits de l’exploitation (blé, maïs, herbe et foin) sont destinés à l’élevage. L’élevage bovin est traditionnel : dès le printemps, les animaux pâturent les herbages de Signy-l’Abbaye, Vieil-Saint-Rémy, Novion-Porcien et La Horgne. Ils sont rentrés à l’automne et nourris au foin durant toute la période hivernale.

Un situation donc bien assise. Mais croire que tout fut facile serait une erreur, souligne Gilles Gambier : "L’essentiel, au début, était d’aller doucement, afin de ne pas faire fausse route. Ma progression a donc été lente, mais la qualité a toujours été présente. En effet, il s’agissait de ne pas faire n‘importe quoi. En outre, au début j’étais mal vu des bouchers et j’ai dû supporter quelque peu le scepticisme de quelques collègues".

C’est d’ailleurs là l’une des deux caractéristiques essentielles de cette exploitation : la qualité. Car sur la question purement technique de la conduite d’un élevage, Gilles Gambier reconnaît volontiers qu’il n’est pas très performant : "Mes indices de performances ne sont pas dans les normes. Mais par contre, je m’efforce de m‘adapter au maximum à la demande du moment qui peut varier d’une semaine à l’autre. Pour moi, cet aspect est beaucoup plus important que le reste car il conditionne le chiffre d’affaires en satisfaisant la demande."

Une demande aujourd’hui représentée chaque semaine par plus de 900 clients : "Neuf cents personnes convaincues que des agriculteurs peuvent faire de très bons produits. D’ailleurs, nos 200 vaches, veaux, génisses et bœufs sont de race Limousine et Salers, deux races rustiques et réputées pour la saveur et la finesse de leur viande. Nos moutons, porcs et volailles sont élevés et transformés dans la même tradition, c’est-à-dire à l’ancienne, sans adjonction de colorants ni de conservateurs."

Ferme ouverte en permanence

La seconde caractéristique de cette exploitation est son ouverture totale et permanente sur le monde extérieur : "Les clients qui viennent acheter à la ferme sont avides de visiter nos installations. Le bouche à oreille faisant son effet, d’autres, non encore clients, nous rendent visite par curiosité, avant de devenir acheteurs."

En somme, une ferme ouverte en permanence. Cette recherche permanente de la qualité et de l’adaptation à la demande porte ses fruits, reconnaît volontiers Gilles Gambier, qui a même accru de 30 % son chiffre d’affaire au plus fort de la crise de la vache folle. "La rentabilité est au rendez-vous, ce qui me permet de contribuer au maintien de la vie rurale, en employant à temps plein sept personnes des villages voisins".

Partant de là, comment se présente l’avenir ? Outre le fait qu’il soit actuellement sur un projet de développement Internet avec France Telecom sur le thème "Tout sera à vendre à la ferme", Gilles Gambier sait qu’il devra envisager l’accroissement de sa surface d’herbage car le développement de son activité économique passe par la nécessité de garder le même chargement UGB à l’hectare.

Quant à faire participer d’autres agriculteurs à ce développement, c’est une possibilité qu’il n’exclut pas, d’autant plus qu’il achète ses porcelets à un éleveur voisin : "Pourquoi pas ? Il est dans mes projets d’associer complètement d’autres agriculteurs, si je concrétise mon intention d’aller vendre à Paris par l’intermédiaire d’Internet. Ils pourraient alors participer à ces marchés. Il restera à mettre au point la formule adéquate de cette participation".

GilIes Gambier a d’autres projets. La réalisation d’un gîte rural (il n’y en a pas encore dans la commune), dans l’ancienne maison de ses parents, en fait partie. Si tout va bien, il devrait voir le jour a la fin de cette année.

L’exploitation et la transformation

200 ha polyculture élevage
300 bovins dont 70 vaches allaitantes

• Production de bœufs traditionnels de 3 ans élevés à l’herbe et au foin, et de veaux gras sous la mère
40 brebis pour la production d’agneau d’herbe
Production de poulets fermiers en liberté
200 porcs à l’engraissement, nourris au blé de la ferme

• Personnel
- 2 salariés pour le secteur production
- 5 salariés à temps plein animent le secteur transformation et vente
- 5 salariés à temps partiel renforcent le secteur vente.

Chaque semaine, les animaux sont abattus aux abattoirs de Rethel, sous contrôle vétérinaire.
Les carcasses sont ensuite débitées et transformées dans le laboratoire de la ferme, avec des moyens modernes, en respectant les méthodes ancestrales. Sont transformés chaque semaine : 1,5 bœuf, 8 à 10 porcs, 2 à 3 agneaux, 1,5 veau et une soixantaine de volailles. Viandes fraîches au détail (veau, bœuf, agneau, porc et toutes volailles : poulet, poule, canard, canette, pintade, dinde et oie).

Charcuteries fermières : andouillette tirée à la ficelle, jambon de pays des Ardennes, terrine de campagne, saucisse fraîche, saucisson frais et sec, boudin noir, pâté de foie, boudin blanc de Rethel.

Débouchés : 85 % sur les marchés, 10 % sur les foires gastronomiques et 5 % à la ferme.
Le veaux sont abattus entre 4 et 6 mois, les porcs entre 90 et 120 kg (en fonction de la demande) et les volailles (des roux fermiers) à 20 semaines (c’est-à-dire à 3 kg).

 
Le jury national, suivi d'une grande manifestation à Paris

Le jury national se réunira le 31 mai prochain, sous la présidence de Guy Paillotin (ancien président de l’lNRA, auteur du récent rapport sur l’Agriculture raisonnée) pour élire "l’Agriculteur de l’Année 2001". La proclamation officielle des résultats de ce cru 2001 se fera lors d’une grande manifestation en présence de nombreuses personnalités, début juillet au Sénat (Palais du Luxembourg), à Paris.

Composition du Jury national :
Président du Jury : Guy Paillotin ; APCA* : Dominique Bouvier ; Auchan : Pierre Frisch ; BFM :  Teddy Follenfant ; CFCA* : Irène de Bretteville ; CNIA* : Valérie Petitjean ; Danone : Jean-Yves Dupre ; FARRE* : Jean-Marie Mutschler ; FCD* : Claire Therond ; FNM : Pierre Neuviale ; FNSEA* : Alain Poncelet ; Le Figaro : Jean-Paul Croize ; Les Echos - Atlas des Régions : Antoine Thiboumery ; Organisation Générale des Consommateurs : Gérard Benoist du sablon ; UNCAA* : Bernard Pons ; Valeurs Vertes : Danielle Nochet.

* Les Présidents des organismes représentés dans le jury national seront présents lors de la cérémonie nationale de remise des prix

B. Barboyon